vendredi 3 juillet 2009

Espace sur le net pour la musique yoruba, en français

Ce blog est le fruit d'une collaboration entre
"Guarachon" aux USA et
"Patricio" en France.
Antoine Miniconi à
La Havane est également devenu co-informateur de ce blog.

Le blog en français sur lequel vous êtes possède une seconde page, dédiée spécifiquement à la rumba: rumberosdelahistoria.blogspot.com
également co-écrite par les deux bloggers.

(30 janvier 2008)
On nous a signalé de nombreux problèmes quand à l'affichage des extraits vidéos venant de YouTube ou d'ailleurs sur notre site. Nous n'y pouvons malheureusement pas grand-chose…
SOLUTION SIMPLE: modifier la taille (en particulier la hauteur) de la page de votre navigateur - cela fonctionne!!!

(17 mai 2009)
VISITEZ NOTRE NOUVELLE LISTE DE LIENS, fruit de nos amitiés et de nos recherches sur le net!!

jeudi 2 juillet 2009

Martha Galarraga menacée d'expulsion par l'État français: un absurde scandale culturel…


Martha Galarraga n'est pas une artiste anodine: elle est la fille de Lázaro Galarraga, un des plus grands akpwones de Cuba, reconnu (lui) comme un artiste majeur aux USA.
Au vu de sa carrière et de son talent, Martha est l'une des plus illustres chanteuses afro-cubaines, avec Amelita Pedroso, Caridad La Bembona et Teresa Polledo.
Martha est venue vivre en Europe en 1998, tout d'abord en Allemagne, où elle a obtenu sans aucune difficulté un permis de séjour permanent. Elle est ensuite arrivée à Paris en 2002, et n'a eu aucun problème jusqu'en juillet 2008.
La Préfecture de Paris transmet alors son dossier pour enquête à la DDTEFP (Direction Départementale du Travail, de l'Emploi et de la Formation Professionnelle), qui dépend du Ministère du Travail, des Relations sociales, de la Famille, de Solidarité (quel joli mot!!) et de la Ville.
Le 29 septembre 2008 on lui refuse le renouvellement de son permis de travail. La DDTEFP exige un contrat de travail de plus de trois mois chez un même employeur. Martha trouve un contrat (auprès de l'association Odduara, croyons-nous) garantissant 43 cachets sur 12 mois, que la DDTEFP refuse de valider. Elle met la barre plus haut, en exigeant un contrat de six mois minimum, que Matha fournit: nouveau refus. Quel fonctionnaire zêlé est assez obtu pour ignorer qu'un musicien en France n'obtient que très rarement d'une contrat de telle durée, à moins de travailler avec un artiste majeur ou une compagnie de théâtre ou de danse capable de tourner six mois d'affilée…??

"Le 26 mai dernier la carte de séjour de Martha a été saisie par le 6e bureau de la sous-direction des étrangers de la Préfecture de Paris. Martha n'a plus le droit de travailler".


Conséquences catastrophiques en cascade:
-1° Martha devient de fait un travailleur "sans papiers"
-2° Elle ne touche plus aucune indemnité ni droits ASSEDIC
-3° Elle ne peut quitter le territoire français: adieu au London Lukumí Choir dont elle assume la direction.
-4° Elle perd tous ses emplois en France, dont son poste de professeur à l'ISAAC.
-5° Elle perd son travail avec l'Ensemble Nord-Sud lors de leur prochaine tournée au Brésil
-6° Elle doit attendre 1 à 2 ans une décision du Tribunal Administratif.
-7° Elle peut être expulsée à tout moment et renvoyée à Cuba: retour à la case départ.
-etc, etc…

De quoi Martha est-elle soupçonnée? Comment une personne aussi droite, saine, humaine, joviale et sérieuse comme elle peut-elle déplaire à ce point aux autorités (censées) compétentes?
Selon certaines sources Martha "changerait trop souvent d'employeur". On se demande bien quel délit ce fait pourrait bien constituer. Selon d'autres sources Martha "ne paierait pas assez de taxes" et "n'aurait pas une activité professionnelle suffisante".

De quel droit peut-on empêcher de manière aussi absurde la carrière internationale d'un artiste quel qu'il soit. Martha n'a aucun problème avec quiconque, et pas avec l'État cubain - est-elle accusée de communisme? Préfèrerait-on qu'elle demande l'asile politique? Martha ne veut pas d'un mariage de complaisance, ni de quelque autre "magouille" que ce soit pour obtenir un permis de séjour. Elle est une personne droite et honnête, fatiguée aujourd'hui de se débattre avec les absurdités d'une autorité qui a décidé d'en faire une hors-la-loi.

Martha n'a rien d'autre pour se défendre que des armes culturelles. Il faut donc que son cas fasse suffisamment scandale pour remonter jusqu'au nouveau Ministre de la Culture, Mr Frédéric Miterrand, qui seul désormais peut la sauver.
IL FAUT DONNER À SON CAS UN RETENTISSEMENT CONSIDÉRABLE.
Journalistes, écrivains, scientifiques: à vos plumes!! L'avocate de Martha a besoin de matière médiatique pour étayer sa défense.
Rappelons également qu'un pétition de soutien ayant rassemblé 1300 signatures n'a pas fait vaciller une seule seconde l'institution.

(Martha avec Mark Lotz en Hollande)

Tentons maintenant de répondre brièvement à l'argument:
"Martha Galarraga n'a pas d'activités professionnelles suffisantes":

-tapez "Martha Galarraga" dans le moteur de recherche de Youtube et vous obtiendrez 18 réponses. On y voit Martha dans de nombreux contextes (ce qui prouve qu'elle est une artiste polyvalente qui n'est pas enfermée dans un seul style musical), en France, à Cuba, au Mexique, à la Martinique…
-tapez également "Martica Galarraga" ou "London Lucumí Choir" (11 réponses), ou encore 'Galarumba".

-tapez "Martha Galarraga" dans Google et vous obtiendrez… 18 100 réponses!!
-essayez "recherche par image" et vous obtiendrez… 6 470 réponses.

Voici maintenant quelques éléments discographiques de la carrière de Martha: (il en existe bien d'autres)

(Cuba: Lázaro Ros - Olorun)


(Cuba: Oba-Ilú - Santeria)


(Cuba: Yoruba Andabo - Del Yoruba al Son)


(Cuba: Afrekete - Iyabakuá)

(Hollande: Mark Lotz - Cuban Fishes Make Good Dishes)


(Allemagne: Bayuba Cante - Cheba)


(Allemagne: Bayuba Cante - Orunmila's Dance)


(USA: Omar Sosa - Sentir)


(USA: Omar Sosa - Prietos)


(USA: John Santos - La Guerra No)


(France: Madomko - d'Ouest en Ouest)


SON CURRICULUM VITAE:

(Avec Bayuba Cante en Allemagne)


-Martha est née en 1969 dans le quartier de Luyanó à La Havane.
Elle est la Fille du grand chanteur et joueur de tambours Lázaro Galarraga, membre-fondateur du Conjunto Folklórico Nacional de Cuba, un des plus grands chanteurs de sa génération, dans le style Yoruba.
-En 1990, à l'âge de 21 ans, elle entre elle aussi au Conjunto Folklórico Nacional, où elle restera huit ans, comme danseuse, puis comme chanteuse-soliste.
-Parallèlement, elle officie dans les rituels yoruba à La Havane.
-À la fin des années 1990 elle vient vivre en Europe. Son départ de Cuba l’amène en Allemagne où elle va travailler à ses premières productions musicales, en collaboration étroite avec le conservatoire de Rotterdam tout en chantant dans un groupe de salsa « Macumbachè » à Frankfort. Elle vient ensuite vivre à Paris, où elle enseigne à l'ISAAC (Institut Supérieur des Arts Afro-Cubains).
-Elle entre dans le groupe d'Omar Sosa, un des artistes phares de la scène Latin-Jazz mondiale, avec qui elle chantera au Carneggie Hall. En 2000, sa rencontre avec Omar SOSA, que Martha ne cessera de qualifier de merveilleuse sur le plan musical et humain, l’amènera sur toutes les grandes scènes internationales : les USA, le Japon, le Maroc, Porto Rico, le Brésil pendant 4 années, entourée des plus grands musiciens à commencer par Omar SOSA lui même au piano et Gustavo OVALLES aux percussions.
-Elle forme son propre groupe en 2003: Martha y su Galarumba.
-Depuis qu'elle vit en Europe, Martha a animé de nombreux Masterclasses de chant et de danse en Allemagne, en Angleterre, en Hollande et en France.

(Avec le Conjunto Folklórico Nacional
extrait du film "In Cuba they're still Dancing")


(Avec Lucumí dans le film de Tony Gatlif)


(À La Havane avec Rumberos de Cuba)


(En Allemagne à Darmstadt)


(Toujours en Allemagne)


(Avec Bayuba Cante)

vendredi 5 juin 2009

Le Fonds Constantin Brailoiu et ses trésors

Melgarez et son güiro
(Foto: ©Isabel Castellanos)

Sur le site du Musée d'Ethnographie de Genève, les internautes ont, depuis un peu moins d'un an, accès au Fonds Constantin Brailoiu, qui contient des dizaines de documents sonores traditionnels du Monde entier.
Dans la catégorie "Cuba" un seul enregistrement est disponible, mais non des moindres: une partie du coffret original des prises de son réalisées sur le terrain en 1957 par Lydia Cabrera et Josefina Tarafa. Ayant déjà eu accès à ces documents, c'est en connaissant déjà une grande partie de ce répertoire que nous sommes allés visiter le site. Nous avions un à priori sur ces enregistrements: pour nous, ils contenaient énormément de matière rurale de Matanzas et Jovellanos, essentiellement du bembé et du güiro, voire des chants Congo et Ganga.
Nous nous sommes rendus compte que nous étions loin de connaître toute la partie havanaise des enregistrements de Cabrera.
Nous y avons découvert notamment un magnifique oro cantado havanais inédit, de près de 40 minutes, pour Ochún, différent de celui ré-édité par Smithsonian Folkways (référence HR1161-5/14-A1 et HR1161-5/14-B1).
Cet oro n'est pas le seul document contenant des batá: on y trouve ensuite un iyesá pour Yemayá doublé d'un beau traité "Ibo rere, ibo rere o" enchaînant sur le rezo a Yemayá (référence HR1161-5/14-B1, fin du fichier).
La qualité du son est remarquable, meilleure peut-être que dans les ré-éditions de la Smithsonian Folkways.

Melgarez et son güiro
(Foto: ©Pierre Verger)


En faisant une recherche par pays, on trouvera également d'innombrables trésors, du Monde entier (Bénin, Cameroun, Inde, Brésil, Europe, etc…)

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