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mardi 5 décembre 2006

Santa Bárbara 4 décembre Día de Changó


¡Kabiyosile Changó! ¡Ka wó!

Le 4 décembre est le jour de Changó. Pour fêter ce jour, voici une prestation du Conjunto de Güiro "El Niño de Atocha", extrait du programme télévisé cubain "La Rumba y el Tambor," réalisé par Ángel Hernández Calderín.
Changó est un Oricha très important à Cuba, parce que la majorité des esclaves yoruba qui y furent déportés sont originaires d'Oyó, qui a été au XIXe siècle le royaume yoruba dominant. Avant de devenir un Oricha, Changó a été un des rois d'Oyó au XVIIe siècle. La majorité des esclaves Yoruba du Brésil étaient originaires de Kétu, un royaume Nago, au sud-ouest d'Oyó.

C'est pour cette raison que le tambour de Changó, le batá, n'existe pratiquement pas au Brésil.
Changó incarne le feu, "Ina", il mange du feu, il crache du feu. Les orages et les éclairs lui appartiennent. Ses couleurs sont le rouge (le fau, le sang et la vie) et le blanc. Il porte une couronne ("Adé"), car il est roi d'Oyó et de Koso. Il tient dans sa main droite son attribut, une hache double ou "Oché".
Changó est l'Oricha de la musique et des tambours. Il est un séducteur et prend grand soin de son apparence, car il est coquet. Il agit parfois de manière stupide (chaque Oricha incarne également les défauts et les qualités des humains).
Ses mouvements de bras, quand il danse, symbolisent souvent l'éclair (comme le font les femmes assises sur le côté de la scène): il lève haut la main pour aller cueillir un éclair dans le ciel, qu'il rabat violemment en direction de son sexe. Il est un guerrier, et combat en dansant ses ennemis. On le verra également souvent faire des roulades.
À propos de l'Agrupación de Güiros El Niño de Atocha:
Ce groupe est assez bien représenté discographiquement:
Il figure sur Cantos de Santería (Artex 090). Il fait également partie des trois groupes figurant sur "Sacred Rhythms of Cuban Santeria" (Smithsonian Folkways 40419).
et de la même manière sur "Antología De La Música Afrocubana vol.VIII - Toque de Güiro" vol. VIII. Traduction du livret de ce disque légendaire réédité en cd: (de María Teresa Linares:)
"Le groupe El Niño de Atocha" de Limonar, province de Matanzas, a été fondé par Benito Aldama (voir photo ci-dessous).

(Crédits photo): Benito Aldama Herrera "Elélegba", tirée de Orin Orisa: Songs for Selected Heads, de John Mason. Mason nous dit: "Il est né en août 1906. Sa mère, Marcelina Aldama "Changó Larí" était une esclave Egbado venue directement du Nigeria. (Photo prise à Limonar, Cuba 1988.")

De M.T.Linares, suite: "Les instruments utilisés par El Niño de Atocha diffèrent de ceux des autres groupes sur ce disque, et incluent: une tumbadora, deux guatacas et trois güiros (chekeres). Les membres du groupe sont:
Benito Aldama Herrera, akpwón et directeur
Marta Vayún, coro
Rafael García García, percussions
Juan Baró Baró, percussions
Felix Aballí Domínguez, percussions
Raúl Ventosa, percussions
Claudia Rendón, percussions
Pedro Gamure, percussions
Dagoberto Neninger Díaz, percussions
Textes des chants dans la vidéo:
(Note: Le groupe est ici dans un contexte non-traditionnel de "spectacle", et leur prestation est différente de ce qu'elle serait dans un contexte de cérémonie: ils répètent seulement deux ou trois fois les chants qu'ils répèteraient dix ou vingt fois dans un vrai "toque de güiro". Ils chantent également dans un style particulier "del campo", utilisant certains mots différents de ceux qu'on chante dans le style urbain. Par exemple, à La Havane, on chanterait:
"Wo le nche, wo le nche, wo le nche Obá ido la”
au lieu de, ici:
“Mo le nse a, mo le nse a, mo le nse a gba itó la”
mais, bien évidemment, il s'agit du même chant).


("Rezo" parlé, akpwón Benito Aldama:)
A ka ma se Olufina O ke ¡ka wó, kabiyosile Changó!
A yeún erán, a erán agutan, eran alú, eran akukó, a yeún orí, a yeún oguedde… ¡Agbe-e…!
Akpwón: Mo le nse, mo le nse, mo le nse gba itó...
Coro: Mo le nse a, mo le nse a, mo le nse a gba itó la
Akpwón: Mo le nse, mo le nse, mo le nse, ¡habla vasallo!
(ici, il encourage le "vasallo" à chanter = le coro)
Coro: Mo le nse a, mo le nse a, mo le nse a gba itó la
Akpwón: Mo le, a mo le nse, mo le nse gba itó la
Coro: Mo le nse a, mo le nse a, mo le nse a gba itó la
Akpwón: O, a mo le, a mo le o, mo le nse gba itó la
Coro: Mo le nse a, mo le nse a, mo le nse a gba itó la

Akpwón: E, Aladó oyina, Baba o
Coro: Aladó oyina
Akpwón: Baba o
Coro: Aladó oyina
Akpwón: Baba o
Coro: Aladó oyina
Akpwón: Changó Changó
Coro: Aladó oyina
Akpwón: Oguede o ma se
Coro: Aladó oyina
Akpwón: O-o Takuá
Coro: Aladó oyina
Akpwón: A yeún Changó
Coro: Aladó oyina
Akpwón: A yeún erán
Coro: Aladó oyina
Akpwón: A yeún a malú
Coro: Aladó oyina
Akpwón: Gba ku tan
Coro: Aladó oyina
Akpwón: A yeún akukó
Coro: Aladó oyina
Akpwón: A yeún amalá
Coro: Aladó oyina
Akpwón: A yeún orí
Coro: Aladó oyina
Akpwón: Changó Changó
Coro: Aladó oyina
Akpwón: Changó Lerí
Coro: Aladó oyina

Akpwón: ¡Agwe-e!, wara-wara omo Oni Changó yo ma de e le yo era
Coro: Wara-wara omo Oni Changó ma de e le yo era
Akpwón: O-wo, wara-wara omo Oni Changó
¡kabiyosile omo Changó!
Coro: Wara-wara omo Oni Changó ma de e le yo era
Akpwón: Wara-wara omo Oni Changó ma de e le yo era
Coro: Wara-wara omo Oni Changó ma de e le yo era
Akpwón: Omo Oyó
Coro: E le yo era
Akpwón: Omo Oyó
Coro: E le yo era
(le premier coro chanté ici dans cette dernière série est probablement une confusion: “Omolo Iyansá” est pour l'Oricha Oyá)

(Possibles) Traductions:
A ka ma se = Nous/(allons)/la récolte/toujours/faire, donc:
= nous ferons toujours la récolte
O ke = Toi qui es en haut
Olufina = Propriétaire du feu
Olufina oke ka wó kabiyosile Changó = Saluts et titres de Changó
A yeún erán = nous (fils de Changó, comme Toi) mangeons la viande
(A) yeún agutan = nous mangeons le veau
Erán alú = la viande de la langue (du veau?)
Erán akukó = la viande du coq (un des plats favoris de Changó)
A yeún orí = nous mangeons les têtes
A yeún oguedde = nous mangeons les bananes plantain (favori)
¡Agwe! = divinité vivant dans le güiro, tout comme Aña pour le batá
Mo le nse = je peux faire
Oba itó la = Roi qui enfante des fils, sauve moi (John Mason), ou:
Roi qui salives et qui lèches
Aladó = Propriétaire de l'adó (gourde magique)
Oyina (o yí ina) = tu fais des rouleaux de feu (tu craches le feu)
Baba o = O Père
Oguedde o ma se = toujours tu nous fournira des plantains
Takuá = Tapa ou Nupe, voisins du nord des Yoruba
A yeún amalá = nous mangeons la purée d'igname (favori également)
Changó Lerí = Changó Propriétaire des têtes (qui vient dans les têtes de ses fils)
Wara-wara = (tu) déverse(s) (John Mason)
Omo Oni Changó = Fils ("ahijados") qui possèdent Changó
Ma dé = (qui) toujours viens
E le yo era(n) = Tu sais comment (les) satisfaire avec la viande
Omo Oyó = Fils d'Oyó

Cliquez ici pour télécharger la vidéo au format mp4.

Los Ibeyi Junior jouent pour Changó


"Posté" par "wuakeen".
Durée: 4.09
Peut-être la meilleure vidéo postée sur YouTube par wuakeen. (voir le 1er volet rumba sur rumberosdelahistoria).
Les enfants-prodiges musiciens ou danseurs sont légion à Cuba. On connaissait ceux qui se produisent avec Les Muñequitos de Matanzas ou avec Afrocuba de Matanzas. On connaissait mieux encore en France le célèbre Eric Michael Herrera Duarte "Lucumí" grâce au film de Tony Gatlif "Lucumí, l'enfant rumbero". Les deux nouvelles stars en herbe du folklore havanais sont maintenant Didiel Acosta et Elisier Chapottín, mis ici en scène au Festival "Fiesta de Tambores". Ces deux enfants figurent sur le disque de Miguel "Puntilla" Ríos "Oloyú Oba - Oñí Oñí", enregistré à Paris. Ils étaient tous deux également dans la comédie musicale de Jérôme Savary "Chano Pozo", qui n'a eu que peu de retentissement en France.
Los Ibeyí est le groupe dirigé par Daniel Rodríguez, chanteur et joueur de tambour, qui figure également dans le cd de Miguel Puntilla, et que l'on voit ici jouer la clave.
L'attitude et la maîtrise de Didiel Acosta (iyá et akpwón) sont époustouflantes. Elisier Chapottín joue itótele.
Les toques de Changó joués ici sont:
-Oferere (0.00 à 0.39)
-"La meta la meta" (de 0.39 à 1.04)
-Ñongo (de 1.04 à 1.45)
-Chachaolókafun (de 1.45 à 2.26)
-une "Meta de Changó" des plus enlevées (de 2.26 à la fin).
À voir absolument également la prestation "guaguancó" des Ibeyí Junior sur notre site de rumba et/ou sur YouTube.

lundi 4 décembre 2006

Grupo Yoruba Andabó, La Havane (1)


"Posté" par "rqhsquesada".
Durée (7.38)
Interprété par le célèbre groupe de rumba, incluant toujours de l'Afro-cubain à son répertoire, ce premier volet (magnifique et énergique) sur Changó présente:
-le chant "Were were ina dio" avec le toque à Dadá (Wo le nche), (de 0.00 à 1.19) enchaîné à
-des chants sur le toque Ñongo (de 1.19 à 3.28), enchaînés à
-des chants sur le toque Chachaolókafun (de 3.28 à 5.18), puis
-le rezo a Changó sur le toque "Meta de Changó" (de 5.18) à la fin.
Nul doute que cette vidéo permettra aux plus assidus d'apprendre, voire de transcrire partiellement ou totalement les toques joués ici, étant donné la vision optimale que l'on y a sur des joueurs de tambour.

jeudi 14 septembre 2006

Présentation d'iyawoses à Matanzas


"Posté" par "satanasc".
Durée: 0.40
Cette extrait publicitaire encourage à visiter le site www.kabiosile.org, afin d'acheter cette vidéo.
Le document en vente met en scène la présentation de trois iyawoses de Changó.
On pourrait polémiquer sur le bien-fondé de la mise en vente d'un tel document, étant donné qu'il est normalement interdit de filmer et de photographier un iyawó - on devrait dire "une" iyawó, puisque ce mot est féminin. Il est également interdit de filmer ou de photographier des tambours batá "de fundamento".
Nous ne mettons pas ici en doute l'authenticité du document, filmé dans l'entourage d'Alfredo Calvo, personnage important à Matanzas dans la Regla de Ocha. C'est la transgression des certaines règles religieuses que nous dénonçons ici.
La divulgation d'enregistrement de cérémonies telles que les "tambores" ou "toques de Santo" est déjà problématique vis-à-vis du respect des règles de la religion Ocha. Leur mise en vente est encore plus problématique.