mardi 20 février 2007

José Fernández et Wemilere


Une nouvelle page consacrée à José Fernández "Joseíto" (qui sera en France jusqu'au 10 juin) est disponible à l'adresse suivante:
joseitofernandez.blogspot.com
Joseíto est l'actuel directeur du groupe Wemilere à Cuba, depuis le départ de Román Díaz et de "Pedrito" Martínez Cámpos.


Né le 26 juin 1963 à La Havane, Cuba.
Joueur de tambours Batá et de bien d'autres tambours traditionnels de l'île de Cuba, âgé de 43 ans, Joseíto est le fils de "Pito el Gago" Fernández, musicien havanais légendaire des années 1970.
José a joué avec de nombreux grands musiciens cubains dont:
- Tata Güines
- « Papo » Angarica
- « Pancho Quinto » Mora
- Mario Dreke « Chavalonga »
- Lázaro Rizo Cuevas
- Guillermo Escolástico “El Negro” Triana
- Ernesto Gatel Cotó « El Gato »
- Elio Revé
- Grupo Yoruba Andabó
- Merceditas Valdés
- les Musiciens du Habana Ensemble

vendredi 16 février 2007

Le Conjunto Folklórico Nacional


À Cuba, les musiques traditionnelles, celles qui sont considérées comme les plus anciennes, sont principalement les musiques jouées dès les XVIIIe et XIXe siècles par les esclaves importés d'Afrique. Ces musiques sont majoritairement rituelles, mais parfois également profanes. Certaines sont métissées de traditions européennes. Ces musiques ont été recensées, elles sont classées en à peu près une centaine de styles disséminés dans toute l'île. Il arrive parfois que certaines musiques anciennes des paysans blancs soient également considérées comme traditionnelles. Dans un futur relativement proche, certaines musiques dites "populaires" du début du XXIe siècle seront sans doute également considérées comme traditionnelles.


Le Conjunto Folklórico Nacional de Cuba est une institution considérable, ayant regroupé tous les meilleurs spécialistes des musiques traditionnelles de Cuba. Il agit comme un Conservatoire de musiques, dont certaines sont malheureusement en voie de disparition. Il comprend actuellement 109 membres dont dix percussionnistes titulaires.
Il est une des créations initiales de la Révolution castriste.
Peu après l'accession au pouvoir des "rebelles" castristes, en janvier 1959, une nouvelle institution est créée, qui portera le nom de "Teatro y Danza Nacional". Elle se divisera en cinq départements:
-Le Département de Musique, qui deviendra la Orquesta Sinfónica Nacional.
-Le Département de Danse Moderne, qui deviendra le Grupo de Danza Contemporanea.
-Le Département de Théâtre.
-Le Département Choral, qui deviendra le Coro Polifónico Nacional, et
-Le département de Folklore, qui deviendra le Conjunto Folklórico Nacional, fondé le 7 mai 1962
Jesús Pérez, un des musiciens les plus importants du folklore yoruba, s'était déjà considérablement investi dans Teatro y Danza Nacional, et dans des tentatives, dirigées par Gilberto Valdés, d'oeuvres symphoniques dans lesquelles intervenaient des percussions traditionnelles (les tambours batá).
Les musicologues Argeliers León, María Teresa Linares et Rogelio Martínez Furé ont été investis dans la direction du CFN.
Des auditions furent organisées, et on sélectionna parmi plus de deux cent cinquante postulants une soixantaine de musiciens et de danseurs tous spécialistes dans divers domaines du folklore cubain. Ces "artistes" (comme ils fallait les appeler dorénavant) engagés étaient tous investis à divers degrés dans les différentes religions afro-cubaines, ce qui n'a pas été sans poser des problèmes de conflits, dont certains ont parfois dégénérés en drames.
Un autre sujet de conflits a été celui (délicat en termes d'éthique) de présenter sur scène des traditions religieuses dont ceratines étaient secrètes, sinon sacrées.
Ces artistes sont rémunérés, comme tous les musiciens professionnels de Cuba, selon une classification "A", "B" ou "C", correspondant à leur niveau estimé par des évaluations régulières, et selon une grille de salaire adéquate.

(Jesús Pérez - Crédits photo: John Amira)


Outre Jesús Pérez, parmi ceux que dorénavant on appellera "membres-fondateurs" du CFN, citons:
Trinidad Torregrosa, Lázaro Ros, Nieves Fresneda, José Oriol, Manuela Alonso, Emilio O'Farrill, Roque Duarte, Carlos Aldama, Mario Jáuregui "Aspirina", Luis Chacón "Aspirina", Lázaro Galarraga, Gregorio "El Goyo" Hernández, "Pancho Quinto" Mora, Mario Dreke "Chavalonga", Justo Pelladito, Felipe Alfonso, Zenaida Armenteros, Librada Quesada, Fermín Naní, Concepción Delgado, et bien d'autres encore.
Les artistes engagés travaillent d'emblée tous ensemble, partageant leurs connaissances, et collaborent à des projets d'envergure qui, utilisant des éléments traditionnels très authentiques, permettent de monter les premières pièces figurant au répertoire du ballet.

(Ciclo Yoruba)


Le 25 juillet 1963, le CFN présente ses deux premières oeuvres: la première oeuvre prend le nom de "Ciclo Yoruba". La culture yoruba de Cuba étant prépondérante, et son répertoire si vaste, il était logique que la première oeuvre du CFN traite de ce sujet.

(Rumbas y Comparsas, Crédits Photo ©Folkcuba.com)


La seconde est appellée "Rumbas y Comparsas", et met en scène ces deux styles de musique qui sont à la frontière entre musique traditionnelle et musique populaire.

(Ciclo Abakuá)


Le 8 juillet 1965, le CFN présente au public trois nouvelles oeuvres: "Ciclo Yoruba-Iyesá", "Ciclo de Música Popular" et "Ciclo Abakuá". La présentation du "tableau" abakuá crée une quasi-émeute: un abakuá initié dans le public lance une salutation rituelle à un danseur revêtant un costume d'íreme, et, celui-ci ne répondant pas, commence alors le scandale:
"Ce type-là n'est pas abakuá!, il n'a pas le droit de danser cela!!".
On est obligé de faire intervenir la police au beau milieu du spectacle.

(Aláfin de Oyó, Crédits Photo ©Folkcuba.com)


Le 21 août 1971, la nouvelle oeuvre du CFN nommée "Alafín de Oyó" ("le Prince d'Oyó" - tableau yoruba) est inaugurée.
Le 26 décembre 1974, une nouvelle oeuvre est présentée, qui porte le nom de "Estampas Cubanas".


Sur l'affiche ci-dessus datant probablement des années 1970, au voit au centre Gregorio "El Goyo" Hernández (avec la machete), et Juan de Dios Rámos "El colo" (en bas à gauche). Au fond à droire: Mario Jáuregui. (cliquer sur la photo pour l'agrandir).
Les créations du CFN se sont enchaînées avec le temps, et son répertoire actuel est considérable. Pour plus d'informations sur le CFN, visitez le site Afrocubaweb ou lisez l'excellent ouvrage de Katherine Hagedorn "Divine Utterances", où sont révélées certaines incroyables anectodes sur l'histoire du Conjunto Foklórico Nacional.
Faire partie (ou avoir fait partie) du CFN constitue pour n'importe quel artiste folklorique cubain un "must" dans son curriculum vitae.

Nous préparons un grand article plus conséquent sur le Conjunto Folklórico Nacional, que nous publierons bientôt, avec la collaboration de nos amis de New York: Barry Cox et de Berta Jottar.

jeudi 15 février 2007

Manley "Piri" López & les Chinitos

Une nouvelle et volumineuse page consacrée aux Chinitos, à leur histoire, et plus particulièrement à Manley "Piri" López est co-écrite par Antoine et Patricio. Connectez-vous à ce nouveau blog à l'adresse:
manleycv.blogspot.com


Un premier dvd d'une heure et demie à 15 euros port compris est vendu par Antoine et Patricio sur l'oro cantado.
Il a été réalisé avec Piri et les Chinitos. D'autres dvds suivront (Oro seco en préparation).
Il comporte une heure sur les parties de tambours détaillées, et une demi-heure avec le chant et la danse.
On peut en voir les 10 premières minutes sur le blog: www.apozo82.blogspot.com



Les deux photos ci-dessus donnent un aperçu de la dernière demi-heure du dvd dans laquelle l'oro cantado est joué avec Fredy (akpwón du "tambour" des Chinitos) au chant et deux danseuses de la ENA à la danse.

DERNIÈRE MINUTE:
Un second dvd, toujours par Piri est maintenant disponible au même prix sur l'oro seco. On peut maintenant acheter les dvds "en ligne" à l'adresse suivante: loschinitosvideos.blogspot.com

Et n'oubliez pas de laisser vos commentaires! (y-compris pour obtenir et commander les dvds).

mardi 13 février 2007

Alberto Villarreal Peñalver


Voici le lien vers une nouvelle page sur le célèbre joueur de tambours batá et directeur musical du Conjunto Foklórico Nacional:
albertovillareal.blogspot.com

mardi 12 décembre 2006

Histoire des tambours Batá de l'ile de Cuba: - 1/7 - Avant-propos

Crédits photo: site de la Fondation Pierre Verger


Les tambours batá des yoruba - on employait auparavant de terme de "lucumí" plutôt que celui de "yoruba" - sont arrivés dans l'île de Cuba avec le culte de Changó. La majorité des esclaves yoruba de Cuba, arrivés essentiellement au XIXe siècle, étaient de nation Oyó, ou d'autres royaume yoruba sous l'hégémonie d'Oyó, prédominante au début de XIXe siècle.
L'histoire des tambours et des premiers musiciens de rituels est assez bien connue, encore qu'une grande partie de la recherche historique reste à accomplir. La tâche qui nous attend ici est évidemment quasiment insurmontable, à moins de réussir à recueillir dans les prochaines années les témoignages des derniers tamboreros des années 1940 encore vivants.
La proximité de Matanzas et de La Havane fait que se sont mélangé deux cultures légèrement différentes l'une de l'autre, en opposition de style sur certains plans, et en même temps s'influençant mutuellement, en partageant les mêmes rituels et les mêmes musiciens. Cette situation complique encore singulièrement nôtre tâche, nombre de musiciens émigrant de Matanzas à La Havane.

Le premier jeu de tambours consacré, qui porte le nom d'Añabí, est né à La Havane vers 1836. Il a servi à "parrainer la naissance" de nouveaux jeux consacrés. Tous les batá consacrés de Cuba ont en commun ce grand-père de 170 ans.
Peu après (ou en même temps), à Matanzas, les premiers jeux apparaîssent.
Dans les années 1930, les tambours ont commencé à sortir des rituels, et à connaître une diffusion plus élargie.
Au gré des périodes plus ou moins répressives d'un état cubain dirigé en sous-main par les Américains - de religion protestante - la pratique des cultes s'est maintenue tant bien que mal, jusqu'à connaître un certain essor à partir de l'ère castriste (1959), et à l'apparition d'un folkore-spectacle. Les religions Ocha et Ifá ont sans cesse prospéré depuis, jusqu'à concerner une large part de la population, difficile à estimer.

En guise de prélude à ce qui pourrait constituer une "première tentative" de reconstitution de l’histoire des tambours batá à Cuba, nous avons décidé de publier une "ébauche" historique en six articles séparés:
1° Avant-propos
2° Histoire des tambours batá à La Havane
3° Histoire des tambours batá à Matanzas
4° Récapitulatif des tamboreros cités
5°
Article d'Ivor Miller sur Andrés Chacón
6°
Article de Thomas Altmann sur un enregistrement disparu:
Giraldo Rodríguez - "Afro - Tambores batá" (1958).
L'enregistrement est téléchargeable au bas de ce dernier article.

Trois de nos informateurs à Cuba:
Sergio Quiros Jr, "Joseíto" Fernández,
René Vasquez Cepero:
Crédits photo: Patricio; La Havane 2003


Les sources contenues dans notre série d'articles sont multiples. Citons, par ordre d'importance:
-Les travaux de Fernando Ortiz répartis sur ses nombreux ouvrages.
-Le livre de l'américain John Mason "Orin Oricha".
-L'ouvrage en 2 volumes du CIDMUC co-écrit par plusieurs auteurs:
"Instrumentos de la Música Folclórico-Popular de Cuba"
-Ivor Miller et ses récents articles en plusieurs endroits du net.
-Des articles spécialisés, des sites ou des blogs cubains, américains ou européens, tels:
-iIarioba.tripod.com (USA)
-afrocubaweb.com (USA)
-batadrums.com (USA)
-ochemusic.de (Allemagne)
(pour ne citer que les principaux…)
-Enfin, des entretiens avec des musiciens Cubains tels:
-Lázaro Pedroso, célèbre akpwón havanais
-"Joseíto" Fernández Hernández, fils du célèbre batalero "Pito El Gago" Hernández
-"Sergito" Quiros Alfonso, fils de Sergio Quiros Sr, l'un des plus vieux joueurs de tambour batá en activité à La Havane
-René Vasquez Cepero "Nené", neveu de Lázaro Pedroso

Nous remercions par avance tous ces gens, ainsi que tous ceux cités par eux, qu'il serait trop fastidieux d'énumérer ici.
Nous espérons pouvoir améliorer au fur et à mesure ce sujet, car l'enquête reste ouverte, et les participations éventuelles et/ou propositions de corrections seront les bienvenues: errare humanum est.

John Mason: Orin Oricha - Songs for Selected Heads
(Ed. YTA, USA, 1992)

Cet ouvrage est sans conteste l'un des ouvrages majeurs sur la musique yoruba de Cuba paru ces dernières années - un “must have”, comme disent les Américains. Il a constitué pour moi, avec ceux de Pierre Verger et de Lydia Cabrera, une source sans cesse renouvelée de quantité d’informations sur le chant (il contient plus de 570 chants traduits en anglais), la langue, les tambours, l’histoire, et la religion yoruba de Cuba.
Les informations sur la langue qu’il contient m'ont parfois été contredites par des professeurs cubains tels Lázaro Pedroso. Il reste néanmoins un ouvrage majeur. On le trouve peut-être encore au Yoruba Book Center à Brooklyn (610 New York Avenue). Il est indisponible sur de nombreux sites (car épuisé). Je remercie au passage Olivier Marlangeon et Jean-Pierre Boistel pour m'avoir trouvé deux éditions de cet ouvrage.

Édition séparée de l'article d'Ortiz
Crédits photo: Régine Mano


Sur le sujet qui nous préoccupe particulièrement, c’est à dire l’histoire des batá et des "bataleros" (ou "olubatá", selon leur grade) de Cuba, on trouve chez Mason quantité d’informations. Il les tire, dans un premier temps, de l’article “tambores batá” de “Instrumentos de la Música Afrocubana” de Fernando Ortiz. Le nombre de détails ajoutés par Mason est tel que nous avons préféré en traduire les passages essentiels, plutôt que de nous référer uniquement à la version d'Ortiz.
La version d'Ortiz comporte cependant des précisions supplémentaires non-citées par Mason. Nous les utiliserons donc séparément.

Rappellons tout d'abord que les tambours batá étaient (et sont toujours) joués en Afrique exclusivement pour l'Oricha Changó et pour la Société des Egungun (société "à masque").
Au XVIIIe siècle, il existait certainement à Cuba une grande variété de tambours, pour divers Oricha, on en trouve d'ailleurs la trace dans les ouvrages d'Ortiz. Sans doute existait-il déjà des tambours batá, dont aucun n'était consacré, car le premier jeu consacré est apparu aux environs 1830. Le tambour batá a ensuite remplacé les autres tambours, pour finir par être joué pour tous les Oricha yoruba.

Nous verrons également que les deux foyers où sont apparus les tambours batá sont:
À La Havane, le quartier de Regla (et plus tard celui de Guanabacoa, qui jouxte Regla).
À Matanzas, où un style musique liturgique différent s'est développé parallèlement à celui de La Havane.
“La ville de Regla était une partie du port de La Havane par où arrivaient les esclaves, et où on leur ôtait les chaînes qui les entravaient (depuis le moment où les européens les avaient achetés en Afrique, ndt). La ville, quasiment africaine, avait été bâtie par les esclaves infirmes ou émancipés. La majorité de ceux qui avaient été envoyé là étaient Egbado et Ijebu. Regla est le quartier de La Havane où les premières pierres des religions afro-cubaines furent posées. Regla était appelée “Ará Olókun” (le pays de ceux d’Olókun”). Le reste de La Havane, de l’autre côté de la baie, était appelé “Ará Nla” (“le pays de ceux qui sont importants”) et Matanzas était appelée “Ará Ata” (“le pays de ceux du piment”). (Mason - Orin oricha p.13)
Les tambours batá appartiennent au milieux urbains, et se développent au sein des Cabildos de nation lucumí.

Procession de Cabildo lucumí
(Crédits photo: inconnus)


Il nous faut ici également énumérer des différents contextes successifs dans lesquels les tambours batá ont été joués depuis leur introduction à Cuba:

1° Les Cabildos Lucumí
La musique rituelle des esclaves des colonies catholiques (espagnoles, portugaises et françaises) d'Amérique a été moins réprimée que celle des colonies protestantes (anglaises et hollandaises). Les Cabildos étaient au départ des institutions officielles prévues par la loi espagnole, que les esclaves pouvaient intégrer, sous le patronage d'un Saint catholique. Ils existaient à Séville dès les années 1400.
Le premier Cabildo de Cuba aurait été fondé en 1598 (les dates varient beaucoup). Les esclaves de Cuba, de plus en plus grand nombre à partir du XVIIIe siècle, à cause du développement de l'économie sucrière, ont été encouragés, à partir de 1789, à l'initiative de l'évêque Pedro Agustín Morel de Santa Cruz, à former plus de confréries au sein des Cabildos. Chaque confrérie, situé dans un local précis, était en principe réservé à la pratique du culte catholique par les esclaves. À Cuba il s'est rapidement transformé en lieu de cultes afro-cubains. Dans le culte yoruba, le Cabildo se superpose quasiment au lieu de pratique du culte, conjointement aux "maisons de Saints", qui peuvent être des endroits séparés privés.
Les Cabildos Carabalí de Cuba ne se superposent pas aux lieux de cultes abakuá, qui sont dans des endroits séparés, longtemps tenus secrets (car interdits à la fin du XIXe siècle).
Au sein des Cabildos, les esclaves tenaient souvent des "caisses de solidarité" dont les fonds servaient à l'entraide mutuelle, qui consistait la plupart du temps à racheter la liberté de personnages-clés du culte (prêtres, devins, etc…).
Au XIXe siècle, tous les Cabildos "de nación" étaient regroupés à l'extérieur de l'enceinte de La Havane, afin de ne "déranger" personne parmi la population blanche. Un Cabildo pouvait regrouper plus d'un millier d'esclaves.
Les deux Cabildos lucumí fondamentaux de Regla sont:
le Cabildo Yemayá et
le Cabildo Santa Bárbara ou "Cabildo Changó Tedún".

Procession de Cabildo lucumí à Regla
(Crédits photo: Pierre Verger)
Photo tirée du site de la Fondation Pierre Verger)


2° Les Processions des Cabildos Lucumí
Chaque "Cabildo de nación" avait le droit de défiler annuellement le jour de l'épiphanie - 6 janvier. Au cours des siècles, les révoltes des esclaves ont parfois été liées au Cabildos. La peur liés à ceux-ci a entraîné soit l'interdiction de défiler, soit leur interdiction pure et simple, soit des réformes de fond pour tenter de les "assainir".
Les deux Cabildos lucumí de Regla rivalisaient de superbe pour leur défilé. Ces "sorties" constituaient les seules occasions pour les tambours batá d'être vus par des yeux profanes. Des photos de ces processions sont connues. La statue des deux Saintes catholiques (La Virgen de Regla et Santa Bárbara) étaient portées depuis la fameuse église de Regla jusqu'à la mer proche. Des offrandes étaient alors offertes à Yemayá et à Olókun. Le cortège se remettait en marche, puis s'arrêtait successivement devant le local de la police, devant la mairie, et devant la maison de chaque Oloricha de Regla, pour se terminer au cimetière de la ville.

Procession lucumí à La Havane
(Crédits photo: Pierre Verger)
Photo tirée du site de la Fondation Pierre Verger)


3° Les Tambours Batá en Dehors des Rituels
En de multiple occasions, dès les années 1930, les tambours batá eurent de nouvelles occasions de se montrer au public profane. Bien entendu, lors de ces prestations, on utilisait des tambours non-consacrés, ou "aberikulá" (ou judios"). Bien avant la rumba, qui quitta les quartiers défavorisés pour connaître un succès commercial dans les années 1950 (grâce à Alberto Zayas, au Coro Folklórico Cubano et au Muñequitos de Matanzas), la musique yoruba, à La Havane, a connu plusieurs étapes de "vulgarisation" et de diffusion.
En décembre 1935, comme le note Mason, les tambours batá furent joués lors d'un programme radio, "Cuatro Charlas Radiofónicas", l'audition était organisée par Gustavo Urrutia, dans un but ethnomusicologique.

Don Fernando Ortiz (Crédits photo: inconnus)


"En 1936, sur la requête du Dr. Fernando Ortiz, les batá sacrés furent joués pour la première fois à Cuba dans un contexte non-rituel, devant un public essentiellement profane. Les tambourinaires étaient ce jour-là Pablo Roche (iyá), Aguedo Morales (itótele), et Jesús Pérez (okónkolo)".

Conférence du 30 mai 1937 (Crédits photo: Fernando Ortiz)


Étaient présents en tant qu'akpwones: Alberto Angarica, Benito González Roncona, Eugenio de la Rosa, et Diego Pedroso.
Dans le choeur étaient présents: Antonia Rodríguez, Esther Núñez, Silvia Chávez, Esther Cruz, Beatriz Guerra, Dulce María Soria, Luisa Moya, Cristina María Galy, Alberto Zayas, Leonardo Valdés, Rafael Candina, Andrés López, Santo Llansó, Marcelo Domínguez,
A. Aparicio et Juan Francisco Cárdenas.

Fernando Ortiz posant lors de sa conférence avec les bataleros
(Crédits photo: Fernando Ortiz)


(n.d.t.: dans “Estudios Etnosociológicos” d’Ortiz, ce dernier publie le texte intégral de sa conférence, dont le titre est “Conférence de la Institución Hispanoamericana de Cultura, prononcée au théâtre Campoamor, le 30 mai 1937. Les joueurs de tambours sont bien les mêmes personnes, mais la date ne concorde pas). Il semble qu'il y aurait eu plusieurs conférences d'Ortiz.

Aguedo Moralés, Pablo Roche, Jesús Pérez
(Crédits photo: Fernando Ortiz)


Pour finir, signalons que dans le dernier ouvrage cité (CIDMUC) la fameuse conférence de Fernando Ortiz se serait bien déroulé au Teatro Campoamor à La havane, mais à nouveau en 1936, cette fois-ci (sic). Le débat est donc loin d'être clos…

4° Du Folklore de Cabaret au Conjunto Foklórico Nacional
Dans les années 1950, de la même façon que se créent à Cuba les groupes de rumba, des groupes de foklore commencent à voir le jour. Odilio Urfé monte plusieurs revues dont "Van Van Iroko". Le spectacle est présenté au Tropicana en 1956 et au Sans-Souci en 1958. Merceditas Valdés devient une star du genre dénommé "Afro". Les meilleurs tamboreros sont recrutés pour ces revues édulcorées: Jesús Pérez, Trinidad Torregrosa, Raúl Diaz…

Membres du groupe "Lulú Yonkorí" d'Alberto Zayas
(Tropicana 1950's):
"Papo", Luisa Barroso, Ricardo Carballo,
Merceditas Valdés, Jesús Pérez, Ramiro Hernández
(Crédits photo: Ivor Miller)


C'est l'époque où la chorégraphe américaine Katherine Dunham commence à monter des spectacles à thème afro-caribéen, dont l'un se nomme: "Changó". Elle engage Francisco Aguabella sur le tournage du film "Mambo" en Italie, et les contrats s'enchaînent: Aguabella est alors engagé de manière permanente, et ne rentrera jamais à Cuba.
Après la Révolution de 1959, le gouvernement cubain accorde des crédits pour la création de "troupes de ballet d'état". Teatro y Danza Nacional est créé, dans lequel Jesús Pérez est investi, et, rapidement, le projet débouche sur ce qui deviendra le Conjunto Folklórico Nacional. Le folklore yoruba de Cuba entre, au même titre que les autres musiques cubaines, dans le domaine très officiel du "spectacle culturel". Encore une fois, ce sont les meilleurs musiciens qui sont engagés.

Inconnu, Merceditas Valdés,
Trinidad Torregrosa, Raúl Diaz et Francisco Aguabella
Vers 1952 (Crédits photo: Michael Spiro)

lundi 11 décembre 2006

Histoire des Tambours Batá de l'ile de Cuba: - 2/7 - La Havane: De Atandá à Akilakuá

Procession à la Virgen de Regla
Crédits photo: Miguel "Willie" Ramos, ilarioba.tripod.com


Mason commence ainsi son chapître sur l'histoire des tambours:
“Ortiz rapporte que les batá furent joués à Cuba pour la première fois dans un Cabildo lukumí de La Havane nommé Alakisa (“Ceux qui sont en haillons”) qui se situait rue Egido (Habana Vieja, ndt).
Dans le premier tiers du XIXe siècle, un esclave connu sous le nom de Ño Juan el Cojo, Añabí (“Añá est né”), arriva à Cuba. Il était dit que dans son pays cet homme était Babalawó, Olosáin (c’est-à-dire herboriste), et Onilú (tambourinaire assermenté). Il doit être cependant remarqué que, normalement, les Onilú ne peuvent devenir prêtres que dans le culte d’Añá.
Peu après son arrivée à Cuba, une charrette chargée de canne à sucre lui fractura la jambe alors qu’il se rendait au travail, à l'ingenio. Il fut transporté dans un barracón qui servait hôpital aux esclaves, dans le quartier de Regla. Il entendit alors, avec émotion, le son d’un tambour rituel qu’il n’avait pas encore entendu depuis qu’il était sur l’île.
Quelques temps après, il rencontra un autre lukumí, un vieil esclave nommé
Ño Filomeno García, "Atandá". Juan El Cojo avait connu Filomeno García en Afrique, car lui aussi était Olubatá ("chef-des tambours-batá"). Tous deux décidèrent d’aller au Cabildo Alakisa, et constatèrent que les tambours batá qui s’y trouvaient n’étaient pas conformes, et qu’il n’y avait sur l’île aucun jeu de tambours consacrés. Vers 1830, ils s’associèrent.
Filomeno García "Atandá" était également agbégi (sculpteur) en Afrique, et dans l’île de Cuba, où il était déjà reconnu en tant que tel.
Atandá était de pays Egbado et travaillait comme “pilote de bateaux”.
Il est également connu pour avoir taillé le masque d’Olókun (peut-être d'origine Geledé) utilisé au XIXe siècle à Regla, lors de cérémonies pour cet Oricha.
Atandá savait également comment sculpter les tambours, et les deux amis commencèrent à construire ensemble un jeu de batá rituels selon les rituels de la tradition ancestrale. Il le consacrèrent et lui donnèrent le nom de Juan El Cojo, Añabí. Ce premier jeu, qui a plus de 170 ans, passa plus tard en héritage à un grand tambourinaire nommé Andrés Roche, connu pour ses qualités de musicien sous le nom de Andrés “Sublime”.

Pablo Roche Cañal (1954)
Crédits photo: Fernando Ortiz,
tirée de Orin Oricha de J.Mason


"Après sa mort, son fils Pablo Roche, omo Obatalá, nommé Akilakpá (“homme courageux au bras puissant”), (d’autres sources disent “mano prodigiosa”, ndt), en hérita à son tour.
Bien qu’il soit mort aujourd’hui, cet homme est toujours révéré comme le plus grand olubatá que Cuba ait connu".
(ndt: La légende de Pablo Roche racontée par les tamboreros et les akpwones raconte qu'un jour il a dû remplacer son père malade, et qu'il s'est mis a jouer toute la cérémonie, sans jamais avoir pratiqué le tambour auparavant).

Atandá, en plus d’être olubatá, était également Babalawó. Son nom en Ifá était ’Falubí. Atandá eut un fils qui était à la fois tambourinaire et Babalawó: Quintin García "Ifábolá".
Atandá et Añabí furent également les fondateurs d'un Cabildo lukumí a Regla nommé Cabildo Yemayá (associée à la Virgen de Regla, ndt). Ils collaborèrent pour cela avec le grand Babalawó lukumí Addéchina (Remigio Herrera), qui est l'homme qui a introduit à Cuba le culte d'Ifá".

Remigio Herrera "Addéchina"
(Crédits photo: ilarioba.tripod.com)


ndt: Remigio était également joueur de tambour. Prêtre d'Ifá à Oyó, il arrive (via la traite clandestine) comme esclave à Cuba. à la fin des années 1820. Il travaille dans un ingenio, mais rapidement (en 1827) des esclaves se cotisent pour racheter sa liberté.
Il crée le premier Cabildo Lucumí de Matanzas, le Cabildo Santa Bárbara, situé 175 Calle Dahoiz, au coin de la calle Manzaneda.
En 1865 il déménage à Regla et fonde le Cabildo Yemayá.
En 1866 le Cabildo reçoit son jeu de tambours fabriqués par Atandá et Añabí. Ce second jeu, appelé “Atandá”, du nom de Filomeno García, fut à une certaine époque confisqué par les autorités puis retrouvé et remis entre les mains d’Akilakpá (Pablo Roche). Akilakpá a donc eu en sa possession les deux premiers jeux de tambours Cuba.
En 1872 Remigio habite 23 rue San Ciprián à Regla".

Josefa Herrera "Pepa"
Crédits photo: Miguel "Willie" Ramos, ilarioba.tripod.com


Remigio "Addéchina" était également le père de l’octogénaire et populaire Iyalocha "Pepa" (Josefa Herrera, “Echú Bí”). À la tête du Cabildo Yemayá, Pepa, une des premières Oloricha consacrées à Eleguá, célèbre pour les anciennes processions à Ochún et Yemayá dans la ville de Regla, mourut en juillet 1947.
Pablo Roche et Jesús Pérez sont considérés comme ayant influencé énormément le jeu à cette époque (1930-1950).
Pablo Roche a continué à perpétuer la tradition de la facture de tambours, commencée par Atandá, en compagnie de Gregorio “Trinidad” Torregrosa".

Trinidad Torregrosa (?) devant son "canastillero"
(et un jeu de batá en construction?)
(Crédits photo: inconnus)


"Ortiz rapporte également qu’il existait un jeu “très joué” construit par Martin Oyádiná, décrit comme “un créole à la peau foncée”, pour le premier Cabildo de Regla, le Cabildo Changó (Cabildo Santa Bárbara ou Changó Tedún). Ce jeu était surnommé, à cause de la qualité de sa sonorité et de sa facture, “La Niña Bonita”. Ce jeu fut confisqué et se trouve maintenant au Museo Nacional de La Havane".

Pablo Roche Cañal "Akílakpá"
(Crédits photo: inconnus)


En cherchant à nouveau dans l’article de Fernando Ortiz mentionné par Mason, il apparaît de plus que:
"Dans les années 1940, Pablo Roche fit “un autre jeu de tambour en acajou, pour l’excellent olubatá José Calasanz Frías, surnommé "Moñito”. (…)
"En 1950, on estime qu’il y avait à Cuba environ vingt olúbàtá accrédités et environ quinze jeux de tambours consacrés à Àñá" (Mason- id).

dimanche 10 décembre 2006

Histoire des Tambours Batá de l'ile de Cuba: - 3/7 - Matanzas: de Carlos Alfonso à Chacha Vega

Crédits photo: inconnus


Toujours selon Mason, à Matanzas "il existe trois autres jeu créés par Filomeno García "Atandá" qui méritent d’être mentionnés":

L’un d’eux, fabriqué pour les lukumí de l’ingenio San Cayetano, existe encore aujourd’hui, et les tambours sont toujours joués. Ils ont été la propriété de Carlos Alfonso, onichangó et olubatá. Carlos Alfonso fut l’un des plus grands tambourinaires de son époque, et était également investi du savoir nécessaire pour jouer les tambours arará en rituels. On dit également de lui qu’il était un des très rares hommes à Cuba à pouvoir jouer les tambours d'Olókun.

Le second jeu construit par Atandá fut créé pour Eduardo Salakó. (ndt: Eduardo Salakó avait la réputation de faire “parler le tambour”, dans un langage compréhensible par les lukumí. On dit qu’il pouvait commander à boire ou à fumer rien qu’en jouant le tambour). "Salakó était Babalocha, omo Obatalá, et membre du "Cabildo Lukumí" de Matanzas. Il était créole, descendant de lukumí, et un fameux tambourinaire. Il était également Olosáin, Mayombero en Congo, et maître dans d’autres rites afro-cubains. Quelques-uns affirment que ce second jeu de tambours aurait été fabriqué par Salakó lui-même, alors qu’Atanda était déjà mort. Salakó et le fameux Babalawó Obadimeyí, “owó merindilogún” (“seize cauris”), furent parmi les grands architectes du culte yoruba moderne à Cuba. Salakó mourut après avoir joué dans un rituel de danse masquée pour Olókun, en 1913 ou 1914. Ses tambours batá ne furent jamais rejoués depuis.

Le troisième jeu d'Atandá fut construit pour Manuel Guantica, à propos duquel il est malheureusement très difficile d'obtenir des informations" (Mason - id).

Crédits photo: Daniel Genton


Dans une lettre au musicologue américain Miguel W. Ramos, l'historien matancero Israel Molinar nous apprend que:
"Le 4 décembre 1873, un document officiel de police rapporte au Gouverneur Civil de la ville de Matanzas qu'un incident notoire a eu lieu au Cabildo Santa Bárbara, situé Rue Manzaneda, au coin de la rue Velarde, où Ño Remigio Herrera "Addéchina" a joué trois étranges tambours qu'il a appelés: batá".

Miguel W. Ramos nous dit également que:
"Entre 1890 et 1900, sur une requête des Orichas exprimée via l'oracle, les Lucumí commencèrent à partager leurs connaissances avec les Arará. C'est Ma Monserrate González qui commence à leur apprendre le système de divination avec les cauris ou diloggún, et, en retour, ils ont appris aux Lucumí les secrets de Babalú Ayé, Nanumé, Nana Burukú, et d'autres divinités Arará".

Le 16 décembre 1901 naît dans la province de Matanzas Nicolas Valentín Angarica (Oba Tolá), fils de Rosalina Angarica and Ramón Rubio. La mère de Ramón était d'ascendance Lucumí. Les parents de Rosalina venaient directement de la région d'Oyó. Rosalina avait même gardé son nom de naissance Lucumí: "Ayobo". Ramón et Rosalina, vivant dans le quartier Carlos Rojas de Matanzas, n'étaient pas mariés, et Nicolás garda le nom de sa mère. Il est le chef de file d'une des grandes familles de musiciens, qui tous vivent aujourd'hui à La Havane. Connu pour avoir écrit le premier livre sur la religion yoruba, en 1950: “El Lucumí al Alcance de Todos”. Nicolas Valentín Angarica, Obatola, est mort en 1963.

Itótele ayant appartenu au
Cabildo Changó Tedún de La Havane
(tambour confisqué entre 1920 et 1940 par les autorités)
Crédits photo: Museo Nacional de La Havane


"Au cours du XXe siècle, de nouveaux jeux consacrés furent construits. Le premier facteur de cette époque fut Adofó (Alejandro Alfonso), de Saravilla, à Matanzas, qui mourut en 1946. Il fabriqua trois jeux connus.

Le premier jeu fut destiné au Cabildo lucumí du quartier nommé "Majaqua" à Unión de Reyes. Ces tambours, à la mort d’Adofó, furent remis au célèbre tambourinaire Miguel Somodevilla.

Le second jeu construit par Adofó fut destiné au populaire (et riche) Cabildo havanais Shangó Dé Dún (ou Changó Tedún, ndt).

Le troisième fut pour l’olúbàtá Nicolás Angarica (“Oba Tolá”. Son fils, “Papo” Angarica, continue la tradition aujourd’hui, à La Havane.

Un quatrième jeu fabriqué par Adofó est à l’heure actuelle, à Matanzas, en possession de l’olúbàtá Esteban “Chachá” (Vega) Domingo, “Ochún Ladé”. Ces tambours ont appartenu à Carlos Alfonso, et avant lui à ses grands-pères, des lukumí de l’ingenio San Cayetano cité plus haut. Ce jeu serait donc le second jeu dont Carlo Alfonso a hérité de San Cayetano (Le premier avait été fabriqué par Atandá…). Quand la plupart des vieux lukumí de San Cayetano furent décédés, le jeu fabriqué par Adofó retourna au Cabildo Shangó Dé Dún" à La Havane.

Felipe García Villamil


Felipe García Villamil “Ogundeyí”, aujourd'hui aux États-Unis, a été initié à Añá en 1944 (à l’âge de 11 ans). Il a apporté à Mason beaucoup de renseignements sur l’histoire des tambours à Matanzas.
En 1938 son grand-père, Noblas Cardenas avait au moins 90 ans.
En 1945 Carlos Alfonso avait à peu près 50 ans, et serait mort quand il avait 70 ans (en 1965?).

En juillet 1987, Isaac Calderón, était à 83 ans le plus vieil olúbatá de Matanzas - et peut-être de Cuba. Il était dans le “tambour” de Chachá Vega. Il jouait les batá depuis 1927, et avait officié avec les célèbres Pablo Roche, Noblas Cardenas, Eduardo Salakó, Carlos Alfonso, Fermín Erelia, Vicente Erelia, Ernesto Torriente (“Negro Chamblelona”), et Bonifacio “Patato” Herrera Villamil. Isaac dit encore que dans les premiers temps, à Matanzas, lui-même ne connaissait que deux jeux consacrés:

Celui fabriqué par Atandá que possédait Carlos Alfonso, et celui de Bonifacio “Patato” Herrera Villamil qu’avait construit Noblas Cardenas.

Il mettait l’accent sur le fait qu’en ce temps-là les tambours étaient consacrés par un Olosánin (Osáiniste), et non par un Babalawó comme aujourd’hui. La plupart des joueurs de tambour de cette époque n’étaient pas initié à un Oricha, mais avaient “les mains lavées” et se consacraient à Añá, lors d’une cérémonie spéciale, également pratiquée par un Olosáin.

Bembé pour Changó (Crédits photo: inconnus)


Dans la seconde moitié du XIXe siècle Noblas Cardenas “Obankolé” est arrivé d’Oyó. Il était Babalawó et prêtre d’Obàtálá. Avec Mauricio Piloto, prêtre de Changó (“Abíawo Ochabíowo”), il créa le premier jeu de batá consacré de Matanzas, nommé “Añábí Oyó” (“Añá donne naissance à Oyó”). Ce jeu était joué exclusivement pour le Cabildo de "San José & Santa Teresa", fondé par Noblas Cardenas.

Un autre jeu, nommé “Ilú Añá” (“le tambour d’Añá”) fut construit. Il était joué dans les autres maisons de Saint. Des mains de Noblas Cardenas, les deux jeux passèrent dans les mains de Bonifacio “Patato” Herrera Villamil, qui était prêtre d’Agayú. De Bonifacio les tambours passèrent dans les mains de Dionisio “Pipi” Olloa, qui les lègua à Tano Bleque. C'est ce dernier qui enseigna le tambour à Felipe Villamil.

Tano Bleque était le beau-père de Ricardo Fantoma(s), mais ils ne vivaient pas ensemble. Quand Tano est mort, Ricardo récupéra les tambours, sans savoir que Tano avait retiré l’aché (le petit paquet contenant une préparation spéciale qui est placé dans le tambour iyá de chaque jeu consacré, ndt) du jeu “Añá bí Oyó”. Tano avait donné des instructions pour que l’aché soit transmis à Felipe Villamil, ce qui fut fait. Felipe est parti aux USA en 1980 (“mariéliste”?, ndt). Les tambours avec leur aché y sont arrivés en 1982.

Le second jeu passa de Ricardo Fantoma à son fils Julio Fantoma Marcos Suárez, et il est toujours joué à Matanzas". (…)

Jesús Pérez, Mario "Papo" Angarica et
Esteban "Chachá" Vega
Crédits photo: Gerald Gerrard, pour Mario Angarica
(photo tirée de Orin Oricha de J.Mason)


"Il est important de savoir que Chachá est unanimement considéré comme le plus grand olubatá vivant aujourd’hui à Cuba. Cette considération est basée, comme on le fait au Nigeria, à la fois sur son âge, sa technique, sa connaissance de la tradition, sa capacité à satisfaire les Orichas et les ancêtres, et à communiquer plus de choses aux gens qui l’écoutent, dans le message de son tambour. Comme pour ses prédécesseurs, et pour ses successeurs, la célébrité est mesurée au nombre de fois où on l'engage, où on l’invite à jouer, et au statut de ceux qui l’invitent. Chachá est né en 1925 et a appris à jouer le tambour avec Miguel Achira et Carlos Alfonso (avant d'être élève de Pablo Roche?, ndt). (Mason - id).

À la lecture de l’exhaustif (mais lui aussi malheureusement épuisé) ouvrage “Instrumentos de la Música Folclórico-popular de Cuba”, en 2 volumes, publié par le CIDMUC en 1997, on retrouve, outre force détails provenant de l’œuvre multiple d’Ortiz, encore d’autres informations, elles-aussi soit complémentaires, soit contradictoires vis-à-vis de Mason, à l’article “Tambores Batá” (p.157):

“Tous ces jeux de batá (de Matanzas, construits par Atandá) furent fabriqués après ceux faits et consacrés initialement à La Havane. Cependant, à la lumière de récents entretiens avec les olubatá matanceros Amado Diaz Alfonso et Esteban Vega “Chachá”, tous deux estiment que le batá est né à Matanzas - en particulier dans une localité proche du village de Cidra, et qu’à partir de là il se serait diffusé vers d’autres zones du territoire matancero et vers La Havane".

(Crédits photo: inconnus)


"Pour Amado Diaz, la tradition de facteurs de tambour et de religieux matanceros est très liée à sa famille, puisque le premier jeu de fundamento - selon ce qu’il affirme avec certitude - aurait été fabriqué par son arrière-grand-père, “Tele Maddo” (Clemente Alfonso) pour l’ingenio San Cayetano de Cidra, (province de) Matanzas, en 1874. Il donne de plus la date précise du 16 avril 1874, à laquelle ces tambours furent joués “devant les esclaves” (…).
Après Clemente Alfonso, Adofó (Alejandro Alfonso) et Adaché (Eduardo Alfonso) continuèrent la tradition familliale.
Fernando Ortiz fait référence à Adofó comme “le premier fabricant de tambours de l’ère républicaine” (après 1901).

Dans les années 1950, Amado Diaz construisit et consacra pour sa famille le jeu qu’on appelle “la Bomba Atómica” ou simplement “la Atómica”, en référence à sa force religieuse et musicale. Joué pour la première fois en 1956, ce jeu passera à la mort d’Amado dans les mains de son fils Amadito Diaz". (…) (Mason - id).

On peut entendre Amado Diaz jouant Iyá dans l'enregistrement d'oro seco matancero figurant dans deux disques quasiment identiques:
-Cantos de Santería (Artex 090, 1994)
-Sacred Rhythms of Cuban Santeria (Smithsonian Folkways 40419, 1995)
Ces deux disques sont disponibles sur nombre de sites.

À Jovellanos (province de Matanzas), il existe un autre jeu de batá appartenant au tamborero Gumersindo Hernández, surnommé “Bonkito”, et dont le nom de religion est “Agófokas”. Ces tambours furent consacrés à Añá en 1950 par un olubatá de Matanzas appelé “Tano (Bleque)”. (Ortiz - Los Tambores Batá).

Pochette du vinyl
"Antología Egrem de la Música Afrocubana"
vol.II, Orú del Igbodú (1977); (Crédits photo: CIDMUC)
La photo (inversée) représente un des tambours du matancero Ricardo Suárez "Fantomas",
chez qui l'album a été enregistré


"La présence des tambours batá s’est localisé seulement dans les provinces de La Havane et Matanzas, principalement dans leurs capitales. (…) (Lydia Cabrera limite les cultes yoruba aux "quatre provinces de l'ouest", ndt).
En confrontant les nombreux témoignages, il apparaît que:
“à Nueva Paz (situé à 50 kms au sud de Matanzas, ndt), il n’y avait ni tambours batá ni tamboreros, mais il y avait des cérémonies, et des ensembles de tambours venaient de Matanzas. Fantomas était le musicien avec le plus important en termes de fundamento, et c’était lui qui venait jouer à Nueva Paz, à chaque fois qu’on y faisait une cérémonie.
Dans les petites bourgades de province - jusqu’à Camagüey et Florida - on avait recours aux “tambours” de Jesús Pérez, de (Nicolás?) Angarica, de Fermín (Basinde), de Gustavo (?) et de (Andrés) Chacón, qui venaient tous de La Havane et à ceux de Fantomas, d’Amado (Diaz), de Chachá (Vega) ou de Cuchó (?) qui venaient de Matanzas." (…)

"Le premier jeu de fundamento qui joua à Santiago fut celui de Fantomas en 1950. Actuellement on dénombrerait environ 16 jeux de tambours à Santiago, dont le premier aurait été amené en 1962 par Milián Galí (qui a vécu à Matanzas et à La Havane, ndt). (…)
Dans la province de Villa Clara, il existe depuis 1962 un jeu de tambours appartenant au Cabildo Santa Bárbara de Sagua la Grande”.

Raúl Diaz et Giraldo Rodríguez
(Crédits photo: Fernando Ortiz)


Grâce à ces trois sources compilées (Mason, Ortiz et l'ouvrage du CIDMUC), et aux autres sources, nous voici maintenant en possession de nombreux éléments quand à la chronologie des évenements, et aux protagonistes (olubatá et facteurs de tambours).
Notre enquête sera complétée par les trois articles qui suivent.

Regla, Guanabacoa et Matanzas apparaissent nettement comme les trois noyaux les plus importants.
Ajoutons encore que nombre de joueurs de batá matanceros ont migré à La Havane, malgré l'opposition de style entre les deux foyers.
On peut se féliciter que le style de batá matancero soit encore vivant, au moins dans la religion. Cette situation implique le maintien de sa tradition musicale. Beaucoup de bataleros matanceros ont, répétons-le, émigré à La Havane. Beaucoup y ont appris le style havanais, pour pouvoir jouer à La Havane. Mais, en tant que percussionnistes non-matanceros, et à plus forte raison non-cubains, on peut être amené à se poser la question; dois-je étudier (en plus) le style matancero?
On peu penser que peu de Cubains ont fait cette démarche. En dehors de Cuba, on peut d'autant plus se poser la question que, d'une part:
l'apprentissage des batá est très fastidieux (à cause essentiellement de l'étendue du répertoire), et d'autre part:
on ne peut guère espérer gagner sa vie en jouant ce tambour.
Rares sont ceux qui s'y sont intéressés. Citons l'américain Bill Summers (qui a édité un relevé d'oro matancero dans son ouvrage "Studies in Batá"), et les français Roger Fixi et Pascal Parent.

Les théories de certains matanceros s'opposent à d'autres, havanaises, quand à la genèse des premiers jeux de tambours.
On ne peut que tenter de comparer ces sources, en se contentant de les juxtaposer.

samedi 9 décembre 2006

Histoire des Tambours Batá de l'ile de Cuba: - 4/7 - Récapitulatif des joueurs de tambour

Trinidad Torregrosa (?), Regla
Crédits photo: site cubain guije.com


(selon un ordre plus ou moins chronologique)

Tamboreros de la Havane:

-Filomeno García "Atandá", années 1830
-Juan "El Cojo", années 1830
-Quintin García "Ifabolá", années 1860
-Andrés Roche "Sublime", années 1910
-Victoriano Torres Adyaí "El Lukumí", 1920s, élève de A. Roche
-Hurtasio Jíke, années 1920, élève de Andrés Roche
-Pablo Roche Cañal "Akilakpá", années 1930
-Gregorio "Trinidad" Torregrosa "E Meta Lókan", 1930s
-Miguel Somodevilla, années 1930
-Fermín Basinde, années 1930, élève de Pablo Roche
-Jesús Pérez “Oba Ìlú”, années 1940, élève de Pablo Roche
-Raúl Díaz “Asago”, années 1940, élève de Pablo Roche
(D'autres disent "Nasakó" pour Raúl Diaz. Ortiz le nomme "Omo-Ológun".
-Giraldo Rodríguez Bolaños, 1940s, élève de Pablo Roche
-"Aguedito" Moralés, années 1940, élève de Pablo Roche
-Virgilio Ramírez, années 1940, élève de Pablo Roche
-Andrés Isaki, années 1940
-Armandito Sotolongo, années 1940, élève de Pablo Roche
-“Yayo”, années 1940, élève de Pablo Roche
-Francisco Saez Batista, années 1940, élève de Pablo Roche
-"Meraldo", années 1940, élève de Pablo Roche
-"Felungo", années 1940, élève de Pablo Roche
-José Calasanz Frías "Moñito”, années 1940
-Pedro “Aspirina”, élève de Pablo Roche, années 1940
-Mario “Aspirina” Jauregui, élève de Pablo Roche, années 1940
-Francisco Hernández Mora ”Pancho Quinto", Pablo Roche
-Andrés Chacón Franquiz, 1940s, élève de Miguel Somodevilla
-Gustavo Díaz
-"Tito" (Marianao), frère de Hurtasio Jíke
-"Chito" (Marianao), autre frère de Hurtasio Jíke
-Luis Chacón Mendivel "Aspirina"
-"Wichichi”
puis, plus tard:
-Armando Abellí “El Monón”, élève de Jesús Pérez
-Ángel Bolaños, élève de Jesús Pérez
-Regino Jiménez, élève de Jesús Pérez
-Alberto Vilarial Peñalver, élève de Fermín Basinde
-Papo Angarica
-Enrique Sotolongo "Chancleta", élève de Fermín Basinde
-Sergio Quiros Sr., élève de Fermín Basinde
-Nicolás "de Guanabacoa", élève de Fermín Basinde
-Rolando "El Gordo", élève de Fermín Basinde
-"Yeyito", élève de Fermín Basinde
-Guillermo "El Guille"
-Guillermo y Miguelito, élèves de Fermín Basinde
-"Windo" Jáuregui, élève de Fermín Basinde
-Fermín Naní
-Armando Pedroso “El Zurdo”
-“Pito el Gago” Hernández, élève de Andrés Chacón
-Alfredo “de Las d’Aida”
(ainsi nommé car du groupe féminin “Las d’Aida”)
-Amado “de Las d’Aida”(idem)
(Oba de Oricha Oko)
-Amado Gómez Molina
-Armando López Molina
-José Pilar Suárez
-Amador
-Manolito Caravela
-"Sospecha"
-Carlos Aldama Pérez
-Alfonso Aldama Pérez
-Felipe "Makaro"
-Lázaro Bonilla Chacón
-Isidro Medina
-Luisito Medina
-Julito Medina
-Yeyito Medina
-Frán Medina
-Ramiro Hernández
-Ramiro Pedroso
-"Charol"
-Roberto Borrel
-Ricardo Carballo
-"Jorgito”, élève de Papo Angarica
-Julito Collazo “Oba Funmìlú Añá”, années 1950
(émigre aux États-Unis dans les années 1960)
-Orlando “Puntilla” Ríos “Obatilemi”, années 1970
(émigre aux États-Unis en 1980)

Tamborero inconnu, Regla
Crédits photo: site cubain guije.com


Tamboreros de Matanzas:
-Remigio Herrera “Addéchina”, années 1830
(émigre à La Havane en 1865)
-Eduardo Salakó, années 1840
-Clemente Alfonso "Tele Maddo", années 1870
-Alejandro Alfonso "Adofó", années 1900
-Noblas Cardenas, années 1900
-Bonifacio “Patato” Herrera Villamil, années 1910
-Eduardo Alfonso "Adaché", années 1920
-Carlos Alfonso, années 1920
-Miguel Somodevilla, années 1920
(a émigré à La Havane dans les années 1930?)
-Issac Calderón, années 1930
-Dionisio “Pipi” Olloa, années 1930
-Miguel Achira, années 1930
-Fermín Erelia, années 1940
-Vicente Erelia, années 1940
-Ernesto Torriente, années 1940
-Tano Bleque, années 1940
-Gumersindo Hernández “Bonkito” “Agofokas”, années 1940
-Ricardo Suárez “Fantomas”, années 1940
-Esteban "Chachá" Vega, années 1940
-Amado Diaz Alfonso, années 1940
-Francisco Aguabella “Olufón Deyí”, années 1950
-"Cuchó", années 1950
-Milián Galí, années 1950
(a émigré à La Havane puis à Santiago)
-Julio Marcos Suárez “Fantomas”, années 1960
-Felipe García Villamil, années 1960

Tamboreros de provenance inconnue:
-Manuel Guantica, années 1890
-“Pipo” Piña "Ogbeyonu, années 1960 (vit à Miami)
-Onelio Scull, (vit aux USA)
-Alfredo “Koyudde” Vidaux “Ògún Yémi”, (vit aux USA)
-Juan “Negro” Raymat, années 1970
(émigre aux États-Unis en 1980)
-Gerald “Yao” Gerrard, (vit aux USA)

"Le premier jeu de batá consacrés n'est arrivé aux USA qu'en 1976, à Miami. C'est Pipo Piña Ogbeyonu (Babalawó et Olubatá) qui les "baptisa" du nom de Okilakpá. Le premier bembé religieux avait eu lieu en 1961, à New York" (Mason - Orin Oricha).

On peut voir une galerie de photos de bataleros assez complète (dont certains "anciens" cités plus haut), sur batadrums.com

jeudi 7 décembre 2006

Histoire des Batá 5/7: Andrés Chacón & Ivor Miller

Crédits photo: Museo de La Habana


Il existe un remarquable article en anglais sur Andrés Chacón, écrit par Ivor Miller, sur le non-moins remarquable site “afrocubaweb”, www.afrocubaweb.com/andreschacon.htm.
Nous allons ici tenter d’en traduire les passages essentiels.

Ainsi, on apprend de la bouche-même d’Andrés Chacón, que:
“Mes voisins El Lukumí (Victoriano Torres) et Hurtasio Jíke étaient nés de parents africains au XIXe siècle. Après ma naissance, Hurtasio épousa ma mère. Ils jouaient tous les deux avec Andrés (Roche) “Sublime”, et plus tard avec son fils (Pablo). D’après Hurtasio et El Lukumí, eux-mêmes se considéraient parmi les derniers fils d’Africains.
En 1944, à l’âge de 11 ans, j’ai commencé à jouer avec le défunt Fermín Basinde (décédé en 1961), jusqu’à ce que j’aie 15 ans, et que commence à jouer avec Pablo Roche.
Pablo était une personne bonne et respectueuse, tout comme un excellent percussionniste et un bon professeur. Il était ambidextre; je l’ai vu tourner le tambour dans l’autre sens et jouer de la même façon.
Il vivait à Guanabacoa. Quand j’ai rencontré Pablo, il y avait parmi ceux qui jouaient avec lui:
Miguel Somodevilla, Raúl “Nasakó” (Diaz), Pedro “Aspirina”, Giraldo Rodríguez Bolaños, Virgilio Ramírez, Armandito Sotolongo, “Yayo”, Francisco Zaez Batista, "Meraldo", "Felungo", et Jesús Pérez.
Quand je suis arrivé, beaucoup d'entre eux avaient déjà 70 ans. (…)
Dans les années 1950, j’ai joué dans le Cabildo de “Pepa” à Regla, avec le “tambour” de Miguel Somodevilla. (…)
Les “tambours” de Miguel et de Pablo jouaient dans deux Cabildos différents. (…) À partir de l’année 1952-53, Pablo n’a plus jamais joué dans les Cabildos, et Jesús (Pérez), lui , a commencé à jouer.
Pablo Roche Cañal est mort à Guanabacoa le 18 Avril 1957. J’ai joué pour sa cérémonie funéraire”.

Crédits photo: Grove Dictionnary of Musical Instruments


Ivor Miller ajoute:
Après avoir appris pendant des années à Guanabacoa avec Pablo Roche et d’autres, Andrés a reçu la charge d’un jeu de tambours de fundamento. Il était le seul à avoir la charge d'un jeu de tambours arará à La Havane. Il est décédé le 23 octobre 2001 à l'âge de 68 ans.
Ivor Miller a publié un autre excellent article sur Jesús Pérez, également sur afrocubaweb directement téléchargeable sur afrocubaweb au format pdf (14MB) (page principale, colonne de gauche, descendre jusqu’à; “Jesús Pérez and the transculturation of the Cuban batá drum.”, Dialogo. n°7. Center for Latino Research. De Paul University. Spring, 2003, by Ivor Miller”.